Appliques Art déco françaises (1925–1935)

Introduction
Les appliques Art déco occupent une place importante dans la production française de luminaires de l'entre-deux-guerres. Destinées à compléter l'éclairage d'une pièce tout en participant à son décor, elles connaissent une grande diversité de formes entre le milieu des années 1920 et le milieu des années 1930.
Leur conception associe généralement deux éléments distincts : une monture, réalisée notamment en bronze, bronze nickelé ou fer forgé, et une ou plusieurs verreries. Celles-ci peuvent prendre la forme de tulipes portées par des bras, mais également de sabots, de plaques ou de panneaux directement maintenus par la monture.
Les catalogues d'époque montrent l'extrême diversité de cette production. À côté des compositions géométriques immédiatement associées à l'esthétique Art déco se maintiennent des décors floraux, végétaux ou naturalistes, parfois très élaborés. Ces différentes tendances peuvent d'ailleurs coexister dans le catalogue d'un même fabricant.
Cette diversité résulte également d'une production faisant intervenir de nombreux fabricants de luminaires et verreries françaises. Un bronzier ou un fabricant d'appareils d'éclairage peut concevoir la monture tout en utilisant une verrerie provenant d'une manufacture spécialisée. Une même verrerie peut ainsi se retrouver sur les appliques de plusieurs fabricants, tandis qu'une même maison peut proposer ses montures avec les productions de différents verriers.
L'identification d'une applique Art déco ne peut donc reposer uniquement sur la signature de son verre. L'étude de la monture, de son mode de fabrication, de ses systèmes de fixation, de ses éventuels monogrammes et de la manière dont elle reçoit la verrerie est tout aussi importante. La confrontation avec les catalogues commerciaux d'époque permet ensuite, lorsqu'un modèle y est retrouvé, de confirmer une attribution et parfois d'en connaître la référence, les dimensions ou les différentes finitions proposées.

Applique murale éditée par Simonet Frères, verrerie d'Henri Dieupart
Les différentes formes d'appliques Art déco
Les appliques françaises des années 1920 et 1930 adoptent des constructions très diverses. Au-delà de leur décor, deux grandes conceptions peuvent être distinguées : les appliques dont la monture développe un ou plusieurs bras portant des tulipes et celles dans lesquelles la verrerie est directement intégrée à la monture sous la forme d'un sabot, d'une plaque ou d'un panneau.
Les catalogues des fabricants montrent cependant de nombreuses variantes intermédiaires : appliques à une ou plusieurs lumières, bras courts ou fortement développés, tulipes orientées vers le haut, vers le bas ou latéralement, montures très dépouillées ou au contraire abondamment décorées.
Cette distinction constitue donc avant tout un moyen de comprendre la construction de l'applique et la relation existant entre sa monture et sa verrerie.
Les appliques à bras et tulipes
Les appliques à tulipes constituent l'une des formes les plus courantes de l'éclairage mural des années 1920 et 1930. Leur principe consiste à éloigner la source lumineuse du mur au moyen d'un ou plusieurs bras terminés par une douille recevant la verrerie.
La documentation d'époque révèle une diversité remarquable de montures. Certaines utilisent un simple bras cintré fixé à une petite platine murale ; d'autres développent de véritables compositions en bronze fondu associant motifs géométriques, gradins, éventails, pointes ou décors floraux. Les modèles à deux lumières permettent des compositions symétriques particulièrement caractéristiques de la période.
Le bronze fondu occupe une place importante dans cette production. Les catalogues le mentionnent fréquemment explicitement, avec des finitions telles que le vieil or, l'argent mat ou le nickel argent. À côté de ces montures en bronze existent également des modèles en fer forgé.
La forme des bras est elle-même extrêmement variée. Le bras peut être presque rectiligne, former un arc régulier, dessiner une courbe très prononcée ou être intégré à une composition décorative beaucoup plus complexe.
Les tulipes sont généralement des éléments indépendants maintenus au niveau de leur col. Cette caractéristique permet leur remplacement et explique qu'un certain nombre d'appliques anciennes soient aujourd'hui équipées de verreries qui ne correspondent plus à leur configuration d'origine.
La présence d'une tulipe ancienne et signée ne suffit donc pas à démontrer que son association avec une monture est d'origine. Lorsqu'un catalogue du fabricant est disponible, la comparaison avec le modèle reproduit à l'époque constitue le moyen le plus fiable de vérifier cette association.

Les appliques à sabots
Très caractéristiques de l'éclairage Art déco, les appliques à sabots utilisent une verrerie moulée-pressée dont la forme est conçue pour s'insérer directement dans une monture métallique. Le sabot masque généralement la source lumineuse et diffuse la lumière vers le haut et à travers le décor du verre.
Les formes sont extrêmement variées : géométriques, florales, stylisées ou figuratives. Le moulage-pressage permet de reproduire avec précision ces décors et d'assurer une fabrication en série.
Certaines appliques utilisent un sabot unique occupant presque toute leur largeur, tandis que d'autres associent plusieurs éléments de verre à une monture métallique plus développée. Le rapport entre métal et verre varie donc considérablement d'un fabricant à l'autre et d'un modèle à l'autre.
Contrairement à une tulipe simplement fixée par son col, le sabot et sa monture constituent un ensemble dont les dimensions doivent être parfaitement cohérentes. Les montants métalliques qui retiennent le verre correspondent aux champs d'insertion ménagés sur les côtés du sabot. Cette correspondance constitue un élément essentiel pour déterminer si les deux pièces ont été conçues pour être associées.

Les appliques à plaques et panneaux
D'autres appliques utilisent une plaque ou un panneau de verre moulé-pressé, gravé, dépoli ou parfois réalisé selon d'autres techniques verrières. La verrerie est alors maintenue par une monture dont la conception dépend étroitement de la forme du verre.
Ces modèles se prêtent particulièrement aux compositions géométriques caractéristiques de l'Art déco. Triangles, éventails, lignes rayonnantes et volumes en gradins permettent au verre et au métal de participer ensemble au dessin de l'applique.
La verrerie peut constituer presque toute la surface visible de l'appareil, tandis que la monture devient plus discrète, ou au contraire s'inscrire dans une véritable composition dans laquelle les éléments métalliques prolongent les lignes du verre.
Comme pour les sabots, la relation entre la forme de la verrerie et celle de la monture est déterminante. Une plaque ancienne ne devient pas une applique authentique des années 1930 simplement parce qu'elle est installée sur une monture de style Art déco.

Les matériaux des montures
Le bronze et le bronze nickelé
Le bronze occupe une place essentielle dans la fabrication des appliques Art déco françaises. Les catalogues de la période emploient fréquemment les expressions « bronze », « bronze massif » ou « bronze fondu » pour décrire leurs montures.
Le moulage permet de réaliser aussi bien des platines et des bras aux décors très élaborés que des compositions géométriques beaucoup plus épurées. Une même technique de fabrication peut ainsi servir des esthétiques très différentes.
Les fabricants proposent différentes finitions : vieil or, bronze patiné, argent mat, nickel argent ou bronze nickelé. Ces traitements de surface permettent d'adapter un même modèle aux différents décors intérieurs et aux évolutions du goût.
Le bronze nickelé connaît notamment un développement important à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Son aspect clair accompagne particulièrement bien les lignes géométriques de l'Art déco et crée un contraste marqué avec les verreries dépolies ou moulées-pressées.
Sur une applique ancienne, l'examen des parties habituellement cachées peut être instructif. L'arrière de la monture, les points d'assemblage et les zones protégées de l'usure conservent souvent davantage de traces de la fabrication et de la finition d'origine que les surfaces visibles.
Le fer forgé
Le fer forgé est également employé pour les appliques Art déco. Travaillé à chaud, martelé, étiré, torsadé ou assemblé, il permet de réaliser aussi bien des formes géométriques que des décors végétaux stylisés.
Il est particulièrement adapté aux montures dans lesquelles la structure métallique participe fortement au dessin de l'appareil. Certains ferronniers développent ainsi des appliques dans lesquelles les lignes du métal encadrent ou prolongent celles de la verrerie.
Les traces du travail manuel, les assemblages et la finition des surfaces constituent autant d'éléments à observer lors de l'examen d'une pièce ancienne.
Les verreries des appliques Art déco
La verrerie participe autant à la forme d'une applique qu'à la diffusion de sa lumière. Les manufactures françaises développent au cours des années 1920 et 1930 une production considérable de tulipes, sabots, plaques et panneaux destinés aux fabricants d'appareils d'éclairage.
Les catalogues de luminaires montrent très clairement cette circulation des verreries. Certains fabricants précisent même le nom des verriers dont ils proposent les modèles : Muller Frères, Degué ou Schneider, par exemple.
Cette organisation de la production explique pourquoi il est essentiel de distinguer le fabricant de la monture du fabricant de la verrerie.
Tulipes et coupelles
Les tulipes présentent une très grande variété de formes et de décors. Certaines sont géométriques, d'autres florales ou inspirées de motifs naturalistes stylisés. Elles peuvent être moulées-pressées, dépolies, gravées ou réalisées selon différentes techniques verrières.
Leur forme générale varie également considérablement : cloche, cône, corolle, tulipe évasée, volume polygonal ou géométrique.
Une même référence de tulipe pouvait être proposée à plusieurs fabricants de luminaires. Inversement, un fabricant pouvait proposer différentes verreries pour une même catégorie d'appareils.
Les catalogues montrent même que certaines maisons indiquaient plusieurs verriers possibles pour un même modèle d'applique. La verrerie ne doit donc pas nécessairement être considérée comme spécifique au fabricant de la monture.
Une signature portée par une tulipe identifie avant tout la verrerie, sauf lorsque la documentation permet d'établir une relation différente.

Sabots, plaques et panneaux
Pour les sabots, plaques et panneaux, la relation avec la monture est généralement beaucoup plus étroite. La verrerie comporte des zones destinées à être engagées ou maintenues dans la structure métallique.
La précision de cet ajustement constitue une caractéristique de fabrication : la monture est conçue pour recevoir une forme et des dimensions déterminées.
Cette correspondance physique entre verre et métal constitue aujourd'hui un élément particulièrement utile pour détecter les associations postérieures et les remontages.

Paire d'appliques à sabot éditée par Hubert Petitot
Les fabricants et verreries françaises
La production française d'appliques Art déco repose sur un réseau important de bronziers, fabricants d'appareils d'éclairage, ferronniers et manufactures verrières. Paris concentre une grande partie de ces maisons, mais la production est également importante dans plusieurs centres régionaux.
Les fabricants de luminaires conçoivent leurs propres montures et les associent aux verreries disponibles auprès des manufactures spécialisées. Les catalogues montrent que cette organisation est loin d'être exceptionnelle : elle constitue au contraire l'un des fonctionnements habituels du secteur.
Certaines maisons proposent leurs appareils « nus » ou « équipés », le prix de la verrerie venant alors s'ajouter à celui de la monture. D'autres précisent directement les verriers susceptibles d'équiper leurs modèles. Cette distinction est fondamentale pour comprendre les luminaires de cette période : la monture et la verrerie ne proviennent pas nécessairement du même fabricant.

Parmi les fabricants représentatifs de cette production figurent notamment Louis Hettier & Calixte Vincent, Charles Ranc, Pierre Maynadier, Paul Gilles, Léon Hugue, Francis Hubens, Hubert Petitot, Cherrier & Besnus, Adolphe Bloch, Marcel Vasseur, Georges Leleu, Yves Granger, Henri Mouynet, Marcel Hudry, Célestin Jamain, Georges Labbé & André Neut, Léon Bonvoisin, Louis Vandamme, Eugène et Georges Capon, André Boyreau, Hippolyte Fournet ou Germain & Lambolez.
À côté de ces fabricants de montures, plusieurs grandes verreries françaises alimentent le marché de l'éclairage décoratif. Les Frères Muller à Lunéville et Croismare, les Cristalleries de Compiègne de Guéron et Danon, les Établissements Jean Gauthier à Ézanville, la Verrerie des Hanots à Montreuil-sous-Bois, la Verrerie d'Épinay-sur-Seine de Schneider, les Nouvelles Verreries de Dijon sous la marque Noverdy dirigée par la famille Drouhot, la Verrerie des Vosges de Lutzelburg également sous la direction des Drouhot, les Cristalleries de Verdun de Maurice Model, les Verreries de Romilly-sur-Andelle où Sabino fait produire ses verreries d'éclairage, la Verrerie de Belle Etoile à Croismare mais aussi Daum Frères à Nancy produisent des vasques, tulipes, globes, plaques et autres éléments en verre destinés à être montés sur les appareils des bronziers et fabricants de luminaires. Certaines de ces verreries disposent de catalogues extrêmement développés, proposant aux fabricants un vaste choix de modèles susceptibles d'être adaptés à leurs montures.

Les documents commerciaux d'époque rendent particulièrement visible cette circulation des verreries entre fabricants. Une même maison peut proposer, selon les modèles ou les dimensions, plusieurs types de verreries, et certaines indiquent explicitement dans leurs catalogues les manufactures pouvant équiper leurs appareils. On rencontre ainsi des mentions telles que « verrerie Muller, Schneider ou Degué », tandis que d'autres catalogues distinguent le prix de l'appareil « nu » de celui de l'appareil « équipé » d'une tulipe ou d'une vasque.
Cette organisation explique pourquoi une même verrerie peut se retrouver sur des montures provenant de maisons différentes. Inversement, un fabricant de luminaires peut utiliser au cours de sa production les verreries de plusieurs manufactures. La signature portée sur le verre identifie donc le verrier, mais elle n'identifie pas nécessairement le fabricant de l'applique.
Les catalogues des fabricants de luminaires comme ceux des verreries constituent aujourd'hui une documentation essentielle. Ils permettent de confronter une applique conservée à sa représentation commerciale d'époque, de reconnaître une monture indépendamment de la verrerie qui l'équipe et, lorsque la correspondance est suffisamment précise, d'établir l'identité de son fabricant.
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Cette méthode permet également d'éviter une erreur d'attribution très fréquente sur le marché actuel : attribuer l'ensemble d'une applique au nom inscrit sur sa verrerie. Une applique équipée d'une tulipe signée Muller Frères, Degué ou EJG n'est pas nécessairement une applique fabriquée par Muller Frères, Degué ou Jean Gauthier. Pour identifier correctement le luminaire, il faut autant que possible rechercher séparément l'auteur de la monture et celui de la verrerie.
Comment reconnaître une applique Art déco authentique ?
L'authentification d'une applique Art déco nécessite d'examiner conjointement la monture et la verrerie. Une signature constitue un indice précieux mais ne permet pas, à elle seule, d'établir l'origine de l'ensemble.
Il faut également tenir compte de la construction de la monture, de son système de fixation au mur, de ses éventuels marquages et surtout de la cohérence entre les différents éléments qui composent l'applique.
La comparaison avec la documentation commerciale d'époque demeure, lorsqu'elle est possible, le moyen le plus sûr d'établir la configuration originale d'un modèle.
Les barres de fixation des montures anciennes
Ces barres permettaient de fixer l'applique au mur sans qu'il soit nécessaire de fermer l'arrière de la monture par une plaque métallique. Elles font partie intégrante de la construction de l'appareil et sont généralement disposées latéralement au dos de la monture.
Selon les modèles, elles peuvent être soudées directement à la structure métallique ou maintenues à la monture par des vis. Leur longueur, leur profil et leur position diffèrent également d'une fabrication à l'autre. Certaines sont relativement discrètes, tandis que d'autres occupent une partie importante de la hauteur de l'applique.
Une fois l'appareil installé, ces barres sont dissimulées derrière la monture. Elles expliquent pourquoi leur présence passe facilement inaperçue lorsqu'une applique est simplement examinée de face ou photographiée sans être démontée.
L'observation de plusieurs montures françaises authentiques montre pourtant la récurrence de ce dispositif. La présence de ces barres latérales constitue ainsi un indice particulièrement utile pour reconnaître le mode de construction des appliques des années 1930.
Leur examen peut également apporter des informations complémentaires. Une barre soudée permet d'observer la nature et l'ancienneté apparente des soudures ; une barre vissée conserve ses vis et ses points d'ancrage. Ces détails doivent être considérés avec l'ensemble de la monture et peuvent aider à repérer une transformation ou une intervention postérieure.


Dos de montures d'appliques Art déco montrant les barres métalliques de fixation au mur.
L'absence de plaque métallique arrière sur les montures à sabot ou à plaque
Cette construction permet également de distinguer les montures anciennes de nombreuses rééditions.
Les montures françaises des années 1930 conçues pour recevoir un sabot ou une plaque de verre ne possèdent pas de plaque métallique fermant leur face arrière. La monture reste ouverte au dos et sa fixation au mur est notamment assurée par les barres intégrées à sa structure.
Les rééditions utilisent au contraire une construction différente : une plaque métallique ferme l'arrière de la monture et sert de support à l'ensemble. Ce dispositif ne correspond pas à celui des montures françaises d'époque destinées aux sabots ou aux plaques.
La distinction est particulièrement facile à observer lorsque l'applique est démontée. De face, une réédition peut reproduire assez fidèlement l'apparence d'un modèle des années 1930 ; vue de dos, sa construction révèle immédiatement une conception différente.
Pour une applique à sabot ou à plaque, la présence d'une plaque métallique fermant le dos de la monture permet donc d'identifier une réédition.

Dos d'une monture ancienne à sabot : la barre de fixation est intégrée à la structure, qui demeure ouverte à l'arrière.
Rechercher les signatures, monogrammes et marquages
Certaines montures portent un nom, un monogramme, une référence ou un numéro frappé dans le métal. Ces marquages peuvent se trouver sur la platine, au dos de la monture ou sur une pièce peu visible lorsque l'applique est installée.
Ils constituent de précieux indices d'identification mais doivent être interprétés avec prudence. Un monogramme peut correspondre à une raison sociale, à un fabricant ou à une marque, et son absence ne permet pas de conclure qu'une applique n'est pas ancienne.
Les références numériques peuvent également permettre de rapprocher une pièce d'un catalogue lorsque celui-ci est conservé, mais tous les fabricants ne marquent pas systématiquement leurs montures.
La confrontation avec des exemplaires documentés et avec les catalogues du fabricant demeure donc indispensable.



Exemples de références et monogrammes frappés sur des montures françaises d'époque.
Vérifier la correspondance entre la monture et la verrerie
Lorsqu'une applique reçoit un sabot ou une plaque, la monture et la verrerie ont été conçues pour fonctionner ensemble. Leur association doit donc présenter une correspondance géométrique précise.
Il s'agit de l'un des critères les plus utiles pour détecter les remontages.
Montants et champs d'insertion doivent correspondre
Les côtés d'un sabot ou d'une plaque destinés à être engagés dans la monture présentent des champs d'insertion. La hauteur de ces champs doit correspondre à la hauteur des montants métalliques qui les retiennent.
Lorsque les montants s'arrêtent trop haut ou trop bas par rapport aux champs prévus dans la verrerie, cette incohérence montre que les deux éléments n'ont pas été conçus pour s'ajuster de cette manière.
Il s'agit alors d'un indice particulièrement fort d'un remontage.
Ce contrôle est d'autant plus précieux qu'un remontage peut réunir deux éléments réellement anciens. Une verrerie authentique des années 1930 associée à une monture elle-même ancienne ne constitue pas nécessairement une applique conservée dans sa configuration d'origine.
Il faut donc distinguer l'ancienneté des éléments de l'authenticité de leur association.

Examiner les tulipes et leur mode de fixation
Pour une applique à bras, l'examen est différent. La tulipe est généralement maintenue par son col au niveau de la douille.
Il faut vérifier la cohérence de ses dimensions, de son ouverture et de son système de fixation avec la monture. Les tulipes étant relativement faciles à remplacer, de nombreuses appliques anciennes ont perdu leurs verreries d'origine au cours de leur existence.
Les catalogues montrent en outre que les fabricants pouvaient utiliser des verreries provenant de différentes manufactures et parfois proposer plusieurs possibilités d'équipement.
Une tulipe ancienne et signée montée sur une applique ancienne ne suffit donc pas à établir que cette association existait à l'origine.

Comparer avec les catalogues d'époque
Les catalogues commerciaux constituent l'un des moyens les plus fiables pour confirmer l'identification d'une applique.
Ils permettent de comparer directement un exemplaire conservé avec le modèle proposé à l'époque : forme de la monture, profil de la platine, nombre et orientation des bras, détails du décor, verrerie, proportions et dimensions.
Lorsqu'une correspondance précise est retrouvée, le catalogue peut permettre d'identifier le fabricant, la référence du modèle et parfois ses dimensions, ses différentes finitions ou son prix de vente.
Les indications commerciales sont également précieuses. Les mentions « nue », « équipée », « complète » ou le nom d'une manufacture verrière permettent parfois de comprendre précisément ce qui était fabriqué par la maison et ce qui provenait d'un fournisseur extérieur.
La confrontation entre objets conservés et documents commerciaux permet enfin de mettre en évidence des transformations ultérieures et des remontages qui peuvent être difficiles à détecter par le seul examen esthétique.

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Lorsque la documentation le permet, leur identification et leur attribution s'appuient sur les catalogues commerciaux d'époque, les signatures, monogrammes et autres marquages conservés sur les montures et les verreries.
Cette confrontation entre l'objet et la documentation permet également de vérifier la cohérence entre monture et verrerie et de distinguer, autant que possible, les appliques conservées dans leur configuration d'origine des remontages et des rééditions.