A.BOYREAU & SCHNEIDER : PLAFONNIER ART DÉCO EN BRONZE NICKELÉ ET TULIPES SIGNÉES
Idéal pour éclairer une entrée, un palier ou un couloir, ce petit plafonnier en bronze nickelé et tulipes en verre moulé-pressé signées Schneider fut édité entre 1927 et 1929 par André Boyreau, fabricant d’appareils d’éclairage bordelais. L’attribution de ce plafonnier à Boyreau repose sur un faisceau d’indices concordants. Elle s’appuie tout d’abord sur le pavillon, strictement identique à celui d’un lustre documenté dont l’ensemble des verreries est signé Boyreau. Cette attribution est renforcée par la présence de cache-douilles parfaitement identiques à ceux figurant sur plusieurs lustres reproduits dans le supplément n° 2 du catalogue de Boyreau. Ce plafonnier aux proportions parfaites mesure 21 cm de hauteur, 38 cm de diamètre tout équipé et pèse 2,7 kilos.
André Boyreau (1889-1980) naquit à St Morillon en Gironde. Après des études à l’École Centrale où il devient ingénieur des Arts et Manufactures en 1913, il s’engage dans l’armée et termine le premier conflit mondial au grade d’officier (il sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1925). Il reprend en 1920 les anciens Établissements Charles Gauthier, fabrique de bronzes, et crée la société Boyreau et Cie en s’associant à Albert Dormoy, fondeur. Les Établissements Boyreau, qui était installés 1 à 7 rue Vilaris à Bordeaux, fabriquaient des bronzes d’art d’éclairage et d’ameublement pour les particuliers. L’activité de cette entreprise s’étendait également à l’éclairage public, candélabres, lanternes, décoration de monuments publics. Elle fournissait bien entendu la ville de Bordeaux, pour laquelle elle éclaira le Grand Théâtre, mais aussi les villes de Biarritz, Perpignan, Marseille ainsi que les chemins de fer du Midi et du Poitou. Boyreau sollicita les plus grandes verreries françaises pour équiper ses appareils d’éclairage sur lesquels on retrouve des modèles de Muller Frères, des Hanots, de Schneider et Jean Gauthier. Comme tous les plus grands bronziers de cette époque, André Boyreau fit également produire des verreries exclusives signées de son nom.
Le plafonnier repose sur une monture en bronze nickelé finement travaillée. La rosace centrale, de forme légèrement bombée, présente un motif de godrons rayonnants évoquant une coquille stylisée. Trois bras arqués, robustes et galbés, s’en détachent de manière parfaitement symétrique. Leur profil adouci assure une transition fluide entre la masse centrale et les verreries suspendues. Chaque bras se termine par un anneau en métal, laissant les tulipes mobiles, ce qui confère à l’ensemble une impression de légèreté. Chaque tulipe est surmontée d’un cache-douille, de forme ovoïde/cannelée qui joue un double rôle : finition esthétique et masquage de la jonction douille/verrerie. La finition nickelée, aujourd’hui patinée par le temps, présente une brillance satinée.
Les trois tulipes en verre moulé-pressé furent produites par la Verrerie d’Epinay-sur-Seine et sont signées Schneider dans le moule (photo 4). Chaque tulipe adopte une forme tronconique légèrement évasée, aux parois épaisses. Le décor, profondément moulé dans la masse du verre, se compose d’un motif géométrique stylisé associant chevrons, lignes brisées et éventails, ponctués de demi-cercles superposés. La surface du verre présente un satinage fin, presque givré, qui adoucit la lumière et met en valeur les reliefs sans les rendre agressifs. Chacune de ces tulipes mesure 13,5 cm de hauteur, elles sont en parfait état.
Ce plafonnier a été recâblé avec du fil neuf, les trois douilles sont en laiton nickelé à baïonnette B22. Trois ampoules LED neuves B22 seront fournies.
